X et les réseaux sociaux influencent-t-ils vraiment vos décisions d’investissement ?
L’AMF vient de publier une étude inédite sur le sujet, en juillet 2026 : « L’influence des réseaux sociaux sur l’activité des investisseurs particuliers sur les titres du CAC 40 » . Et le résultat peut vous surprendre.
Pour la première fois, l’analyse ne repose pas sur des données de courtiers. Elle s’appuie directement sur le reporting des transactions transmis à l’AMF, couvrant l’ensemble des particuliers français investissant sur les titres du CAC 40.
Une activité des particuliers en forte hausse
D’abord, un chiffre pour planter le décor. Au troisième trimestre 2025, l’AMF recense près de 11 millions de transactions sur actions par des particuliers. Avant 2020, ce chiffre plafonnait autour de 6 millions par trimestre.
Cette hausse s’accompagne, logiquement, d’un intérêt croissant pour les réseaux sociaux. Selon le Baromètre AMF 2025, 12 % des épargnants consultent les comptes des banques avant d’investir. Et 4 % s’informent auprès d’influenceurs ou de communautés financières en ligne. Un chiffre qui grimpe même à 10 % chez les 25-34 ans.
Ce qui compte vraiment : le nombre de messages, pas leur contenu
Voici l’enseignement le plus surprenant de l’étude. Les particuliers ne réagissent pas au ton des messages publiés sur X. Qu’un titre soit encensé ou critiqué, peu importe.
En revanche, ils réagissent fortement au volume de messages. Autrement dit, plus un titre est commenté, plus il attire l’attention, et plus il génère de transactions. C’est donc l’exposition médiatique d’une action qui compte, bien plus que l’opinion exprimée à son sujet.
Bonne nouvelle, cependant : l’étude confirme aussi un comportement plutôt sain chez les particuliers. Dans l’ensemble, ils ont tendance à acheter quand les cours baissent, et à vendre quand ils remontent.
Les jeunes et les clients de néo-brokers, plus sensibles aux réseaux
Mais tous les profils ne se comportent pas de la même façon. Les investisseurs de moins de 35 ans, ainsi que les clients de néo-brokers, se montrent particulièrement réactifs aux réseaux sociaux.
À l’inverse, ces mêmes profils réagissent moins aux informations classiques : cours, volatilité, ou communications officielles des entreprises. Autrement dit, plus un investisseur est jeune et digitalisé, plus les réseaux sociaux pèsent sur ses décisions, au détriment des fondamentaux.
Des risques bien identifiés par l’AMF
Face à ce constat, l’AMF pointe plusieurs risques concrets :
- confondre une source professionnelle avec un simple influenceur, sans formation ni encadrement ;
- basculer vers une activité de trading excessive, au détriment d’une vision long terme ;
- subir des variations de cours exacerbées sur certains titres devenus viraux ;
- s’exposer à des manipulations de marché, comme le « pump and dump » (La « technique de la bouilloire »).
C’est d’ailleurs dans ce contexte que la France est devenue, en 2023, le premier pays à définir juridiquement le statut de « fininfluenceur« .
Ce que cela signifie pour les investisseurs individuels
Pour Place des Investisseurs, cette étude confirme un enjeu essentiel : apprendre à distinguer une information fiable d’un simple emballement collectif, connaitre la légitimité de la source de l’information. Ce n’est pas parce qu’un titre est partout sur les réseaux qu’il mérite d’être acheté ou vendu dans la précipitation.
L’AMF le rappelle d’ailleurs elle-même en conclusion : renforcer l’éducation financière reste essentiel, en particulier pour les investisseurs les plus jeunes et les plus connectés.
Pour aller plus loin : Consultez l’étude complète de l’AMF