Focus retraite : le PER en 2026, faut-il encore l’alimenter après 55 ans ?

« Le PER, c’est fini. », « Le PER reste incontournable. »… Depuis février 2026, ces deux messages contradictoires circulent partout. La vérité, elle, est plus nuancée. Faisons le point.

Le PER, un succès qui ne se dément pas

D’abord, quelques chiffres pour planter le décor. Créé par la loi PACTE en 2019, le Plan d’Épargne Retraite compte aujourd’hui environ 12,7 millions de titulaires, pour un encours cumulé de 141 milliards d’euros. En six ans, il est devenu le placement retraite dominant en France, loin devant les anciens PERP et Madelin, qui ne sont plus commercialisés depuis 2020.

Rappelons son principe

Trois versions existent, toutes conçues pour préparer sa retraite via un revenu complémentaire, sous forme de capital, de rente, ou des deux à la fois.:

  • individuel,
  • collectif,
  • obligatoire.

 

Trois types de PER, pour trois situations différentes

Avant d’aller plus loin, un rappel utile, tous les PER ne se ressemblent pas.

Selon l’AMF, trois formules coexistent :

  • Le PER individuel remplace l’ancien PERP et le contrat Madelin. Vous le souscrivez librement auprès de votre banque, d’un courtier en ligne ou d’un assureur. Sa particularité : la souscription doit obligatoirement s’accompagner d’un conseil, pour vérifier qu’il correspond bien à votre profil d’investisseur.
  • Le PER collectif remplace le Perco. Mis en place par votre employeur, il concerne en principe tous les salariés, parfois sous condition d’ancienneté. Bonne nouvelle, votre employeur prend en charge certains frais de gestion. Attention, en revanche, si vous quittez l’entreprise, ces frais peuvent alors être à votre charge.
  • Le PER obligatoire, enfin, remplace le contrat Article 83. Comme son nom l’indique, il s’impose à tout ou partie des salariés d’une entreprise, sans possibilité de refuser d’y adhérer.

 

Ce que change vraiment la Loi de Finances 2026

La loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) a modifié plusieurs paramètres fiscaux du PER. Résultat, l’équation n’est plus la même pour tout le monde.

Concrètement, tout dépend de votre situation personnelle. Pour un épargnant fortement imposé aujourd’hui, et qui anticipe une tranche d’imposition nettement plus basse à la retraite, le PER reste très avantageux. À l’inverse, pour un profil dont la tranche d’imposition resterait stable dans le temps, l’intérêt fiscal devient plus neutre, une fois les frais pris en compte.

Autrement dit, il n’existe plus de réponse universelle, chaque situation mérite d’être étudiée individuellement.

 

Continuer à verser après 55 ans, une question à ne pas sous-estimer

Par ailleurs, un cas particulier mérite plus d’attention : celui des épargnants de plus de 55 ans. À cet âge, il reste généralement entre 8 et 12 ans avant la retraite pleine, selon les régimes. Or, ce laps de temps a des implications fiscales bien spécifiques. Verser sur un PER à cette étape de vie ne se décide donc pas à la légère, mieux vaut analyser sa propre trajectoire fiscale, plutôt que de suivre une règle générale glanée sur internet.

 

Les bases à connaître, version AMF

Enfin, quelques rappels utiles avant de se lancer, selon l’Autorité des Marchés Financiers. Par défaut, le PER fonctionne en gestion pilotée : votre épargne est placée sur des actifs plus dynamiques en début de parcours, puis progressivement sécurisée à l’approche de la retraite.

Autre point clé, la déductibilité des versements. Vous pouvez choisir de déduire vos versements volontaires de votre impôt sur le revenu, soit à l’entrée, soit à la sortie. Ce choix dépend directement de votre taux d’imposition actuel, et de son évolution probable dans les années à venir.

Enfin, le PER reste transférable. Vous pouvez faire évoluer votre contrat au fil de votre carrière, avec des frais de transfert plafonnés à 1 %, voire gratuits au-delà de 5 ans après votre premier versement.

Peut-on récupérer son épargne avant la retraite ?

Par principe, l’épargne placée sur un PER reste bloquée jusqu’à la retraite. Mais l’AMF rappelle qu’un déblocage anticipé, total ou partiel, reste possible dans plusieurs situations exceptionnelles :

  • l’achat de la résidence principale ;
  • le décès du titulaire, de son conjoint ou de son partenaire de Pacs ;
  • l’invalidité du titulaire, de ses enfants, de son conjoint ou de son partenaire de Pacs ;
  • une situation de surendettement ;
  • l’expiration des droits à l’assurance chômage ;
  • la cessation d’activité non salariée, suite à une liquidation judiciaire.

Attention cependant pour le PER obligatoire, les sommes issues des versements obligatoires de l’employeur ne peuvent pas être débloquées pour l’achat de la résidence principale. Un point de vigilance à garder en tête avant de miser sur ce type de déblocage.

 

Ce qu’il faut retenir pour bien décider

En résumé, le PER n’est ni « mort », ni « toujours gagnant » en 2026. Tout dépend de votre âge, de votre tranche d’imposition actuelle et future, et de votre horizon avant la retraite. Avant de verser, ou d’arrêter de verser, mieux vaut donc faire le calcul avec sa propre situation, plutôt qu’avec une règle générale.

Pour aller plus loin :

👉 Consultez l’analyse complète sur Cash Conseils

👉 Retrouvez les bases du PER sur le site de l’AMF

 

Le PER En vidéo

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