Comme l’internet et la téléphonie mobile en 1999/2000, le boom de l’intelligence artificielle est candidat à produire une bulle de valorisation potentiellement déstabilisante. Où en sommes-nous sur ce terrain, alors que le monde de l’IA subit son premier choc avec l’arrivée du low-cost ?
Selon l’économiste Charles Kindelberger, célèbre pour son « Histoire mondiale de la spéculation financière » (1978), une bulle se définit comme « une forte hausse du prix d’un actif dont l’augmentation initiale suscite de nouvelles hausses et attire de nouveaux acheteurs intéressés par les bénéfices de la négociation de l’actif plutôt que par sa capacité de rendement ». Kindelberger décrit dans son livre une trajectoire exponentielle en plusieurs étapes. La première étape est celle d’un changement, par exemple technologique, à propos duquel les investisseurs deviennent de plus en plus optimistes, puis euphoriques, avant qu’un élément déclencheur ébranle la confiance, ce qui mène à une crise puis à la panique.
De ce point de vue, la montée en puissance de l’intelligence artificielle (IA) semble un candidat sérieux à la formation d’une bulle spéculative de grande ampleur. Avec la désinflation, qui améliore les conditions financières, l’IA constitue en effet un des piliers de la hausse des bourses mondiales en place depuis l’automne 2022. Ce thème participe à la montée de ce que Keynes appelait « l’animal spirit » des