C’est probablement la divergence macro la plus frappante dans l’environnement actuel : celle, aux Etats-Unis, entre la croissance du PIB, qui s’établit à +2,9% en glissement annuel au 3e trimestre 2023, et celle du RNB, en contraction -0,1% sur un an. Un écart loin d’être anodin puisque ces deux agrégats économiques sont censés mesurer la même chose – la croissance économique – par deux prismes différents : la croissance de la production de richesse intérieure pour le PIB, la croissance des revenus perçus par les agents économiques nationaux pour le RNB. Habituellement, les deux mesures évoluent de manière quasiment identique dans le temps. Or, on observe aujourd’hui une divergence historique, qui mérite d’être considérée pour deux raisons :
d’une part, de tels écarts sont rarissimes. En dehors la période actuelle, on n’en relève que deux depuis les années 1950 : en 1989-1990 et 2007-2008. Dans les deux cas, ils ont été suivis par une récession. d’autre part, le RNB est aujourd’hui en contraction (-0,1% YoY), ce qui a toujours coïncidé, depuis l’après-guerre, avec une récession.
Comment expliquer cette divergence ? Une croissance du PIB nettement supérieure à celle du RNB suggère généralement que la croissance est alimentée, via la consommation, par