Par Martial Leroy
En mars 2024, la banque centrale japonaise a entamé ses premières mesures de normalisation de la politique monétaire avec des taux courts de nouveau positifs dans une fourchette de 0 % à 0,1 %, et surtout l’abandon du contrôle de la courbe des taux (Yield Curve Control), qui avait pour but de maintenir les taux à 10 ans autour de 0 % grâce à l’achat massif d’obligations d’État. Une décision justifiée par des hausses de salaires historiques de près de 5,28 % contre 3,6 % l’année précédente. Une situation rassurante pour le pays où la déflation et la faible croissance étaient installées depuis plusieurs décennies. Les pressions déflationnistes, alors compensées par une inflation importée, ouvrent la porte à une nouvelle dynamique. La faiblesse du yen face au dollar renforce ce phénomène en impactant les importations qui sont particulièrement importantes au Japon. Elle a en effet l’avantage de booster les exportations des grandes entreprises japonaises mais le désavantage de pénaliser par conséquent les importations. Ces hausses de prix se répercutent sur le pouvoir d’achat des ménages, rendant l’objectif d’atteinte de la cible d’inflation à 2 % à long terme plus compliqué.
C’est le différentiel de politique monétaire initié en 2022 suite aux poussées d’inflation aux États-Unis qui a entraîné des réactions des banquiers centraux américains avec des remontées