Si la BCE est attendue de pied ferme par les marchés la semaine prochaine, pour une première baisse de ses taux directeurs, les émetteurs eux n’attendent guère et ce ne sont pas moins de 30 milliards d’euros de nouvelles émissions qui sortaient cette semaine et 50 milliards d’euros la semaine passée. On peut alors se demander pourquoi des entreprises, souverains ou banques emprunteraient ces jours-ci alors même que « les taux » seraient amenés à baisser dans un avenir très proche…
Sources : Bloomberg, Octo AM
Plusieurs raisons à cela :
Tout d’abord, et nous le répétons depuis plusieurs mois, la BCE ne joue, dans ses baisses de taux, que sur la partie courte de la courbe en faisant évoluer son directeur, dont la maturité est de 15 jours. Les taux longs, eux, sont pilotés par l’offre et la demande. Alors bien sûr, la partie courte devrait jouer sur la partie longue et un taux directeur très élevé implique généralement des taux longs plus élevés, selon le principe de fonctionnement des courbes de taux et du rapport rendement/risque. Mais on a pourtant observé, ces derniers mois, que la courbe était en fait inversée, ce qui signifie que les investisseurs acceptaient moins de rémunération sur la partie longue de la courbe que sur la partie courte, et ce pour différentes considérations :