Alors qu’ils se sentaient de plus en plus à l’aise au sujet des perspectives européennes, les investisseurs sont pris à rebrousse-poil par la montée soudaine du risque politique français. Le saut dans l’inconnu que provoquerait l’arrivée du RN au pouvoir en France interroge à la fois l’édifice européen, la signature de l’Etat français, et l’environnement fiscal et règlementaire en France.
Si l’on en croit les sondages, le Rassemblement national a de fortes chances d’arriver au pouvoir en France le 7 juillet prochain avec une majorité absolue ou relative. Ce n’est pas une grande surprise : depuis le début des grands chocs populistes des années 2016-2018 – le Brexit, Donald Trump, puis l’Italie et le Brésil – les investisseurs ont eu le temps de s’habituer à cette nouvelle tendance politique « populiste ». Les dénominateurs communs à ces mouvements sont les attaques contre le libre-échange, la lutte contre l’immigration, le rejet de l’orthodoxie budgétaire et la remise en cause des politiques climatiques. Certaines de ces positions ont d’ailleurs déjà infusé les discours et les actes des gouvernements et institutions en place, comme le prouve par exemple la mise en place récente de taxes à l’importation sur les véhicules électriques chinois par la Commission européenne.
Le cas français possède cependant des spécificités qui ont amené les marchés à intégrer rapidement des primes