Le Royaume-Uni a récemment attiré l’attention pour plusieurs raisons. Lors de la présentation du budget de la nouvelle Chancelière de l’Échiquier (l’équivalent de notre ministre du budget) Rachel Reeves, qui a ravivé les craintes d’une dislocation du marché obligataire similaire au court passage de Liz Truss au 10 Downing Street. Puis plus récemment, avec la forte remontée des taux longs, qui ont même dépassé ceux des Etats-Unis.
Au-delà de ces éléments, le Royaume-Uni dispose d’une situation toute particulière, sur laquelle il est selon nous utile de revenir, ne serait-ce qu’en raison de son poids dans l’économie mondiale ou dans les indices boursiers.
La croissance économique du Royaume-Uni s’est avérée étonnamment résiliente au cours du 1er semestre 2024. Étonnement car, comme dans la plupart des pays développés, le resserrement monétaire de la Banque d’Angleterre a été musclé. Mais l’économie britannique a mieux résisté que celle de la zone Euro. Le 2nd semestre a toutefois plutôt rimé avec un essoufflement de cette tendance. Surtout, le marché de l’emploi (variable clé dans l’évaluation de la transmission de la politique monétaire) a continué d’envoyer des signaux contradictoires. D’une part, en raison du manque criant de fiabilité des données. Le taux de réponses aux enquêtes sur l’emploi a drastiquement chuté. D’autre part, en raison de l’augmentation erratique du taux de chômage, de la baisse des intentions