Bis repetita. Après le rapport sur l’emploi il y a deux semaines, la publication du rapport d’inflation américain pour le mois de mars est, lui aussi, ressorti au-delà des attentes. Il vient ainsi probablement sceller les espoirs des plus dovish sur le nombre de baisses de taux à attendre de la part de la Fed, le marché n’en anticipant désormais plus que deux d’ici à la fin de l’année (contre 7 en décembre). D’un strict point de vue macroéconomique, et hors choc exogène majeur, la Fed peut clairement se payer le luxe d’attendre pour acter une première baisse de taux … et longtemps. Cependant, entre l’élection présidentielle début novembre et la problématique du déficit budgétaire américain (pour mémoire le Trésor US se finance essentiellement à court terme et le niveau des taux directeurs a un impact direct sur le coût des intérêts de la dette), la Fed aura donc fort à faire pour tenter de rester indépendante ou, tout du moins, essayer de passer comme telle et éviter de mêler la politique à ses décisions monétaires. La tâche ne s’annonce pas simple et la pression se fait sentir. Pour Joe Biden, en effet, les derniers chiffres d’inflation justifient tout au plus de décaler la première baisse d’un mois. Réponse du berger à la bergère (du Trump dans le texte) : « L’INFLATION