Une décote de valorisation injustifiée
Depuis début 2022, les petites capitalisations ont nettement sous-performé en raison d’un environnement macroéconomique difficile et d’une politique monétaire restrictive. La prudence des investisseurs a provoqué une fuite de liquidité de cette classe d’actifs, comme en témoignent les flux majoritairement sortants du segment PEA-PME depuis fin 2021(1). Au premier trimestre 2024, le segment PEA-PME a enregistré une nouvelle décollecte de 42 millions d’euros, conduisant à près de 40% de sous-performance des petites capitalisations par rapport aux grandes depuis fin 2021(2).
Pourtant, cette divergence de trajectoire boursière ne s’explique pas par les fondamentaux. Les petites capitalisations bénéficient d’une croissance des bénéfices par action structurellement plus élevée que les grandes. Sur les prochaines années, les perspectives de croissance des BPA sont non seulement plus élevées pour les petites capitalisations, mais avec une différence supérieure à leur médiane historique, témoignant d’un retard relatif dans leur rebond post-COVID, ce qui n’est pas le cas pour les grandes capitalisations, dont les bénéfices ont rebondi plus fortement en 2021 et 2022.
En résumé, le segment des petites capitalisations est actuellement au plus bas, tant en termes absolus que relatifs, avec une valorisation considérablement réduite (1,2x les fonds propres en Europe), comparable à celle de la dernière grande crise financière. Cette comparaison semble néanmoins injustifiée au regard des conditions économiques actuelles et