Ce que sont les OPA et ce qu’elles ne sont pas
C’est sans doute l’acronyme boursier le plus connu du grand public : qui n’a jamais entendu parler des offres publiques d’achat (OPA) ?
Elles sont souvent considérées, dans l’imaginaire collectif, comme des opérations financières mirifiques.
Il est vrai qu’elles restent, à Paris comme ailleurs, plus nombreuses que les introductions en Bourse. Attention à ne pas s’en exagérer l’importance : le cabinet EY Parthenon calcule qu’en 2025, 18 offres publiques ont été validées par l’Autorité des marchés financiers, soit deux fois moins que l’année précédente.
Et les primes, ce supplément de prix proposé par l’offre par rapport à la valeur de l’action ?
La prime dite instantanée, calculée relativement au dernier cours avant que l’OPA ne soit dévoilée, était l’an dernier de 25,7 %, indique EY Parthenon, soit quatre points de pourcentage de moins qu’en 2024. L’offre sur Aures Technologies proposait même 63 % ! Mais elle se montait à 6,31€ pour une action qui, en 2021, tutoyait les 30€. Bref, gare au timing… et aux serpents de mer qui font davantage parler d’eux qu’ils ne deviennent réalité.
Prenons le cas de Carrefour : ces derniers jours, le titre a été soutenu par une information de nos confrères de L’Echo selon laquelle un fonds allemand serait intéressé par les activités belges du distributeur français. Ce qui exclut a priori une offre sur la totalité du groupe. Certes, une vraie tentative d’OPA sur Carrefour avait été envisagée en 2021 par le canadien Couche-Tard avant que l’État n’y mette son veto en invoquant la souveraineté alimentaire.
Mais on se souviendra aussi des rumeurs qui, en 2017, prêtaient cette même intention au géant américain Amazon, et de combien d’autres encore ! En 2022, ce fut le tour d’Auchan, et voilà un peu plus d’un an, le néerlandais Ahold Delhaize aurait discuté d’un rapprochement. Et n’oublions pas les conjectures formulées par des analystes.
Pratiquement impossibles à prévoir, les OPA peuvent constituer une juteuse porte de sortie pour les actionnaires minoritaires, si tant est qu’elles soient suivies d’un retrait de la cote.
Il s’agit donc d’une « cerise sur le gâteau » qui ne saurait constituer la thèse centrale d’un investissement boursier patrimonial. D’autant moins qu’une fois vos actions apportées à l’offre, il vous faudra aussi décider où investir l’argent que vous en aurez retiré !
Emmanuel Gentilhomme
Achevé et rédigé le 25/03/2026
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