Emmanuel Gentilhomme
Quelles leçons tirer de la rechute d’Alstom ?
Voilà une entreprise française qui, a priori, ne manque pas d’atouts. Numéro deux mondial des équipements ferroviaires, Alstom a récemment multiplié les contrats, qu’ils viennent de France, du Pérou, du Portugal, de Suède, d’Écosse, du Canada ou du Texas. Jamais les prises de commandes n’ont été aussi fortes qu’en 2025/2026 : 28Md€, un chiffre en hausse de 40 % qui a porté le montant du carnet à plus de 100Md€, autre record représentant plus de 5 années d’activité. Connu pour ses TGV, le groupe vient d’ailleurs de présenter les nouvelles rames à grande vitesse destinées à Velvet, un concurrent de la SNCF.
Pourtant, l’action Alstom a perdu, vendredi, jusqu’à 35 % ! Revenue sous 8Md€, sa capitalisation est inférieure d’environ 15 % à ce qu’elle était à l’annonce de la fusion avec Bombardier Transport, en février 2020. Et le titre, qui voilà cinq ans tutoyait les 45€, ne cote plus que 17€.
Que s’est-il passé ? En poste depuis le 1er avril, Martin Sion, le nouveau DG, a écopé de la tâche ingrate de reprendre les projections financières dont la Bourse tenait compte.
Premier écueil : la rentabilité, qui pâtit d’une crise de croissance lorsqu’il s’agit de transformer les commandes en profits. La marge opérationnelle, qui de 2021/2022 à 2024/2025 était passée de 5 à 6,4 %, ne se hissera pas vers 7 % en 2025/2026, mais retomberait vers 6 %. Quant aux 8 à 10 % escomptés en 2026/2027, il n’en est plus question. Ce groupe complexe employant 86 000 personnes dans plus de 200 usines réparties dans une soixantaine de pays, et qui s’appuie sur de multiples sous-traitants, pâtit de retards de livraisons sur de grands équipements, comme le TGV M.
Deuxième écueil, le plus grave pour la Bourse : la génération de trésorerie. L’objectif de cash flow libre cumulé sur trois exercices a été repris, ce qui inquiète les investisseurs en ravivant le risque – déjà présent en 2023/2024 – d’appel au marché. En Bourse, Alstom mérite sans doute mieux, mais il devra auparavant, et de nouveau, rassurer le marché. Dans le secteur, La lettre s’est tournée vers CAF, un « petit » Alstom espagnol qui tient ses promesses et dont l’action vient d’atteindre un record historique. Sans oublier l’Allemagne avec Vossloh, spécialiste des attaches de rails dont la marge dépasse 8 %, et avec Knorr Bremse, grand nom du freinage qui a hissé la sienne à 13 %.
Emmanuel Gentilhomme
Achevé et rédigé le 23/04/2026
Essentiel de La lettre de la semaine :
| Cette semaine, surveillez Elis en vue de renforcer jusqu’à 25€ et GL Events pour prendre à 37€ des profits partiels de l’ordre de 90 %. | PAGE2 |
| Conservez Publicis après un T1 conforme aux estimations, ainsi que Kering après l’annonce d’un nouveau plan stratégique. | PAGE3 |
| Gardez Virbac dont les objectifs annuels ont été confirmés, tout comme Pernod Ricard malgré une incertitude sur son projet de rapprochement avec Brown Forman. Pour notre pari spéculatif, soldez Piscines Desjoyaux, bon marché mais sans visibilité. | PAGE4 |
| Les conseils d’analyse graphique | PAGE5 |
| Une étude en forme de plaidoyer pour la gestion active | PAGE6 |
| L’étude du fonds Japan Strategic Value Fund de JPMorgan. | PAGE7 |
| Du côté des étrangères, vendez INWIT confronté à une forte concurrence et conservez GBL qui voit sa décote d’actifs diminuer. | PAGE8 |
| Nos confidentiels et l’avis du broker | PAGE9 |
| Enfin, la Rédaction répond à vos questions | PAGE10 |
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