244 000 emplois créés par mois en moyenne sur les deux derniers trimestres, un taux de chômage à 3,8%, un taux de participation des 25-54 ans au plus haut depuis le milieu des années 2000… A première vue, difficile de ne pas qualifier le marché du travail américain de « résilient » et même de « très solide ». Mais cette devanture pimpante dissimule une réalité nettement plus contrastée.
En premier lieu, rappelons que le rapport sur l’emploi américain publié par le Bureau of Labor Statistics (BLS) est composé de deux enquêtes : l’une auprès des entreprises (qui sert notamment à calculer les créations d’emplois « Non Farm Payroll », alias NFP), l’autre après des ménages (qui sert notamment à calculer le taux de chômage). Si ces deux enquêtes peuvent, d’un mois sur l’autre, afficher des divergences, elles suivent a priori la même tendance à moyen terme. Or, depuis plusieurs mois, ce n’est plus le cas. Sur les 6 derniers mois, l’économie américaine a créé 1,47 millions d’emplois selon les NFP ; mais en parallèle, le nombre de personnes se déclarant employées recule de 84 000 sur la même période. Soit un écart d’1,48 millions d’emplois ! Certes, l’enquête auprès des ménages est structurellement plus volatile que celle auprès des entreprises. Néanmoins, un tel écart, en nombre comme en tendance, ne s’est jamais vue depuis que les deux enquêtes