L’économie va bien et pourtant le moral des américains n’est pas bon. Faut-il insister sur les bons résultats ou changer de stratégie ? Le dilemme est profond pour Biden
Depuis plusieurs trimestres, la capacité des Etats-Unis à encaisser les hausses de taux sans plonger en récession ni faire exploser le chômage, tout en maitrisant progressivement l’inflation, fait l’admiration des investisseurs, et surprend jusqu’aux banquiers centraux qui se félicitent, conférence de presse après conférence de presse, de cette combinaison inespérée.
Les chiffres sont effectivement clairs. Malgré la hausse de taux la plus rapide depuis plus de quarante ans – de 0% à 5,5% en quinze mois – le chômage est sous les 4% depuis vingt-sept mois, un record depuis les années 1960, la croissance est vigoureuse – encore 1,6% de progression annualisée au premier trimestre après un chiffre éclatant de 3,4% au dernier trimestre 2023- et tout cela avec une baisse rapide de l’inflation, désormais sous 3,5% en rythme annuel pour le dernier chiffre CPI.
Avec ces résultats brillants, on pourrait penser, en se référant aux précédents historiques, que la campagne se présenterait au mieux pour un président sortant cherchant à renouveler son mandat. « It’s the economy, stupid » avait ainsi martelé James Carville, le conseiller économique de Bill Clinton en pleine campagne pour l’élection de 1992, soulignant en creux les piètres performances du