Par Thomas Giudici (Auris Gestion)
Alors que la situation économique européenne était globalement sur de bons rails (croissance en accélération modeste, inflation sous contrôle et baisse des taux directeurs à venir), au point, pour les investisseurs internationaux, de reconsidérer la zone, la situation politique en France est venue mettre à mal les records des indices boursiers européens et notamment ceux des indices français. Les actifs français cristallisent, en effet, les tensions de façon quasi indiscriminée. Le CAC 40 s’affiche ainsi en repli d’environ -9% depuis ses plus hauts (contre -5% pour l’Euro Stoxx 50, l’indice de référence pour le marché européen) et tous les regards sont désormais tournés vers le spread (l’écart de rendement) entre les emprunts d’État français et allemands qui traduit le mieux le sentiment de défiance vis-à-vis de la France sur les marchés. Alors qu’il s’établissait sous les 50 bps avant les élections européennes, il a bondi depuis la dissolution de l’assemblée pour s’établir actuellement vers les 80 bps, niveau qu’il n’avait plus connu depuis 2017 … et les craintes de « Frexit » promis par Marine Le Pen en cas de victoire à l’élection présidentielle. Il faut sinon remonter à la crise de la dette européenne en 2011/2012 pour retrouver des niveaux de tensions plus importants ; le spread entre la France et l’Allemagne était alors largement au-dessus des 100