Historiquement, les cohabitations ne riment pas avec le creusement du déficit public. Certes, la dette continue de gonfler irréfragablement, mais entre 1986 et 1988, le budget s’améliore, de -3.2% à -1.8% du PIB. C’est aussi le cas, plus timidement entre 1993-1995, lorsque le déficit public passe du niveau effrayant de 6,4% à 5,1%. Enfin, sous Jospin, en 1997, on voit même l’endettement national céder du terrain…
De là à dire que moins le politique peut agir, plus la situation financière de la France s’améliore, il n’y a qu’un pas que l’on pourrait être trop aisément tenté de franchir. Au contraire, les périodes de cohabitation sont marquées par l’action des premiers ministres. Jacques Chirac, Edouard Balladur et Lionel Jospin ont imprimé leurs marques en insufflant leurs réformes marquantes dans les douze premiers mois de ces épisodes politiques équivoques au tempo effréné des ordonnances législatives. Elles ont pu parfois faire se lever dans la rue le vent d’une opposition populaire vindicative.
Lorsque Jacques Chirac prend Matignon en 1986, la France vient de moderniser sa façon d’émettre de la dette. D’un modèle d’emprunt directement souscrit par les citoyens ou les banques, l’Etat transite vers un système d’adjudications de titres dématérialisés auprès d’organismes spécialisés, avec des cotations à terme des OAT, et une montée en puissance des créditeurs internationaux. Cela permet de réduire significativement