La transmission de la politique monétaire à l’économie réelle est comparable à l’effet du soleil sur la peau. L’intensité des rayons se fait ressentir à partir d’un certain niveau d’indice UV | un certain niveau de taux d’intérêt (au-delà du théorique taux neutre par exemple) pour l’économie. La rougeur ou le teint hâlé s’installe à mesure de l’exposition au soleil et en fonction des protections appliquées (crème…) | en fonction de la situation initiale d’une économie, de ses caractéristiques intrinsèques (taux d’endettement des ménages et des entreprises, propension à l’utilisation des taux fixes…) et du soutien budgétaire concomitant. Les travaux académiques insistent sur l’aspect « long et variable » du délai de transmission de la politique monétaire. Théoriquement, 18 à 24 mois sont nécessaires afin d’observer l’incidence maximale des hausses de taux.
Les différentes hypothèses et les méthodes employées donnent cependant des résultats « variables » là aussi…
Près de 30 mois se sont écoulés depuis la 1ère hausse de taux de la Fed et le Symposium de Jackson Hole*, intitulé cette année : « Réévaluer l’efficacité de la transmission de la politique monétaire ». Parmi les papiers présentés, nous retiendrons les résultats obtenus par Benigno & Eggertsson. Dans un cadre théorique combinant la courbe de Beveridge** et celle de Phillips***, les auteurs illustrent la singularité du cycle macroéconomique que nous vivons depuis la pandémie et