Par Octo AM
Après avoir abordé, dans nos récents hebdos crédit, les sujets de la duration, du risque monétaire et politique, notamment en France, ou de quelques cas particuliers d’émetteur crédit, la période à venir nous semble devoir nécessiter d’opérer des choix sectoriels plus stricts dans son allocation obligataire, ce que nous proposons d’aborder aujourd’hui.
Pour reprendre l’expression bien connue et quelque peu triviale du grand Warren, c’est quand la mer se retire que l’on voit ceux qui se baignent nus, ce qui nous amène à aborder aujourd’hui le sujet des entreprises plutôt que des investisseurs, pour une fois…
Si des émetteurs comme Altice ont cédé dès la première marée de la hausse des taux et du regain de sélectivité des investisseurs, une deuxième marée arrive depuis quelques mois et il s’agit d’un certain reflux de la croissance…
Ainsi, après la phase plutôt favorable de 2022 et 2023, durant laquelle les grandes entreprises, principaux émetteurs sur le marché obligataire corporate, avaient pu transférer l’inflation dans leurs prix de vente et donc dans leur marge alors même que les aides d’Etats multiples et conséquentes avaient permis de maintenir des chiffres d’affaires élevés, les deux phénomènes se replient en même temps et on observe fréquemment dans les publications récentes de résultat des entreprises des baisses de vente et de marge, surprenant même parfois significativement