Participation, intéressement, abondement : ces trois leviers pèsent chaque année un peu plus dans la rémunération des salariés français.
Eres vient de publier son Baromètre 2026 du partage du profit dans le SBF 120. Et malgré un contexte économique tendu, les chiffres restent solides.
Une prime moyenne record, malgré un contexte compliqué
D’abord, le chiffre phare de cette édition : en 2025, chaque salarié du SBF 120 a perçu en moyenne 6 010 € de prime collective, soit une hausse de 2 % sur un an. L’équivalent, tout de même, de près d’un mois et demi de salaire.
En intégrant les dividendes perçus par les salariés actionnaires, ce sont même 7,4 milliards d’euros qui ont été distribués en 2025. Une performance d’autant plus notable que le contexte, lui, n’avait rien de simple : tensions douanières internationales, dissolution de l’Assemblée nationale… Le SBF 120 a d’ailleurs vu le montant total de ses primes reculer légèrement, de 3,84 %, pour s’établir à 6,23 milliards d’euros.
L’abondement, vrai moteur de la progression
Ensuite, un enseignement clé : c’est l’abondement qui tire la dynamique vers le haut, avec une hausse spectaculaire de 22 % sur un an, un niveau historique.
Trois raisons expliquent cette progression :
D’abord, l’attachement des entreprises au partage du profit.
Ensuite, l’abondement sert aussi de variable d’ajustement, lorsque les résultats économiques limitent les primes de participation et d’intéressement.
Enfin, les Français continuent d’épargner massivement : leur taux d’épargne atteignait 17,7 % au quatrième trimestre 2025, un niveau record.
Des écarts sectoriels qui restent marqués
Derrière cette moyenne, les disparités demeurent fortes. 17 % des entreprises versent moins de 1 000 € par salarié. À l’inverse, 20 % dépassent les 10 000 €, avec un record à 31 593 € pour l’entreprise la plus généreuse.
Côté secteurs, le pétrolier et parapétrolier arrive en tête en 2025, avec près de 13 000 € par salarié. Sur les cinq dernières années, c’est le luxe qui s’impose comme le secteur le plus généreux, une constance qui traduit une vraie stratégie de fidélisation des talents.
L’indice EquiProfit : la culture d’entreprise avant les résultats
Autre indicateur intéressant développé par Eres : l’indice EquiProfit, qui rapporte les primes versées au résultat net de l’entreprise. En 2025, les sociétés du SBF 120 redistribuent en moyenne 7 % de leur résultat net à leurs salariés, avec un écart allant de 2 % à 13 % selon les secteurs.
Pour Mathieu Chauvin, Président du groupe Eres, cet indice montre surtout que la culture d’entreprise pèse davantage que la seule performance financière dans la générosité du partage du profit.
La RSE s’invite de plus en plus dans les accords
Enfin, tendance notable de cette édition : la RSE progresse fortement dans les critères d’intéressement. 95 % des entreprises du SBF 120 intègrent désormais un critère RSE dans leurs accords, contre 80 % en 2024. Réduction des gaz à effet de serre et taux d’accidents du travail arrivent en tête des critères retenus.
Pourquoi ce sujet concerne les investisseurs individuels
Pour Place des Investisseurs, ce baromètre illustre un lien direct entre performance d’entreprise et pouvoir d’achat des salariés. C’est aussi un rappel utile : au-delà des primes, l’épargne salariale reste un excellent point d’entrée vers l’investissement de long terme, via le PEE ou le PER d’entreprise.
Pour aller plus loin : Consultez le Baromètre complet sur le site d’Eres