Après les estimations des dégâts de la guerre commerciale sur l’économie européenne, voici venue celle des bénéfices espérés d’un cessez-le-feu en Ukraine. Les marchés européens, qui ont fortement grimpé depuis six semaines, sont-ils en passe de devenir trop optimistes ?
Dans la foulée de l’élection de Donald Trump, les économistes ont tenté d’estimer les dégâts qu’une guerre commerciale pourrait infliger à l’économie de la zone euro. Les estimations s’étalaient entre 0,3% et 0,7% environ de perte de PIB en 2025. Tous les modèles considèrent l’impact direct des droits de douane américains comme négligeable – d’autant qu’ils seraient en grande partie absorbés par la baisse de l’euro. Ce que les économistes craignaient en début d’année concernait essentiellement le canal de l’incertitude, avec un impact négatif sur l’investissement, et celui d’une dégradation des conditions financières (baisse de la bourse, etc.)
S’il est encore bien trop tôt pour faire un bilan du canal de l’incertitude – les droits de douane ne sont toujours pas vraiment annoncés – on peut être en revanche totalement rassuré, à ce stade, sur le deuxième point. Les conditions financières européennes se sont non pas dégradées mais fortement améliorées depuis l’élection de Donald Trump (graphique 1). Les actions européennes ont en effet fortement grimpé, les spreads de crédit souverains et d’entreprises se sont réduits, et l’euro est devenu plus