Ce que disent les études de l’Intelligence Artificielle IA
Faut-il faire confiance à l’IA quand on investit ? Baromètre AMF, vote en assemblée générale, fiabilité des chiffres : le vrai bilan de l’IA, sans filtre…
Intelligence artificielle et investissement : faut-il vraiment s’y fier ?
11 %. C’est la part des Français qui consultent l’intelligence artificielle avant de placer leur argent. Pas beaucoup en somme… sauf chez les moins de 35 ans, où le chiffre grimpe à 19 %. Alors, l’IA est-elle en train de devenir le nouveau conseiller financier de poche ? On a passé en revue quatre études récentes pour y voir plus clair.
Le Baromètre AMF le confirme : l’IA séduit (surtout) les jeunes investisseurs
Selon l’édition spéciale du Baromètre de l’épargne et de l’investissement de l’AMF, l’IA reste largement derrière le bon vieux conseiller bancaire (42 % des Français le consultent, contre 11 % pour l’IA). Mais elle progresse vite chez les profils plus joueurs : 33 % des investisseurs en crypto-actifs et 24 % de ceux en crowdfunding s’en servent déjà. Côté perception, c’est plutôt mitigé : 54 % des Français pensent que l’IA pourrait améliorer la personnalisation des conseils, mais 67 % redoutent qu’elle conduise à de mauvaises décisions. Bref, l’IA s’installe, mais en complément, jamais en remplacement du jugement humain.
Sur Smart Tech, un chercheur désamorce les fantasmes sur l’IA
Justement, à propos de jugement humain : c’est tout l’objet de l’émission Smart Tech sur B Smart, où le chercheur Jean-Gabriel Ganascia a remis les pendules à l’heure sur l’intelligence artificielle. Sa position est claire : non, l’IA ne va pas dominer l’humanité, et non, « l’IA générale » n’existe pas, c’est même une fable selon lui. En revanche, les vrais risques sont plus terre-à-terre : usage des données personnelles, concentration du pouvoir chez quelques géants technologiques. Une distinction utile pour tout investisseur tenté de céder à l’emballement (ou à la panique) autour de l’IA.
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IA, investisseur militant, actionnaire (un peu) imprévisible…
Et si l’IA votait à votre place en assemblée générale ? C’est l’expérience menée par Reputation Age avec ESG Bro : une IA générative engagée sur les critères ESG, qui a analysé 870 résolutions des assemblées générales du CAC 40. Résultat : 73 % de votes pour, 27 % de votes contre, avec de vrais points de vigilance soulevés (rémunérations mal alignées, augmentations de capital dilutives).
Mais l’IA n’est pas infaillible : sur ArcelorMittal par exemple, elle s’est trompée de plusieurs milliards sur le résultat net de l’entreprise. Autrement dit, l’IA peut faciliter l’exercice du droit de vote, mais elle ne dispense pas de garder un œil critique.
Peut-on faire confiance à l’IA pour suivre les résultats du CAC 40 ?
Justement, en parlant de chiffres : une autre étude de Reputation Age, « IA, informateurs artificiels ? », a testé ChatGPT, Gemini et Claude sur les résultats financiers de 39 sociétés du CAC 40. Le constat est sans appel : interrogés directement, les modèles plafonnent entre 0 % et 13 % de bonnes réponses.
Même un agent IA structuré ne dépasse pas 13 %. La bonne nouvelle, c’est qu’un agent automatisé allant chercher l’information directement dans les communiqués officiels, puis la vérifiant, atteint 80 % de précision. Autrement dit : l‘IA seule se trompe presque tout le temps, mais bien encadrée et reliée aux bonnes sources, elle devient nettement plus fiable.
Ce qu’il faut en retenir
Alors, l’intelligence artificielle, amie ou ennemie de l’investisseur particulier ? Ni l’un ni l’autre, en réalité : c’est un outil, utile pour gagner du temps et défricher l’information, mais qui a encore besoin d’un humain pour vérifier, nuancer et trancher. Et c’est justement le rôle de l’éducation financière : apprendre à utiliser ces nouveaux outils sans leur déléguer son esprit critique.
Sources des études : Réputation Age