Source : AMF, « L’AMF publie une étude sur les comportements des investisseurs particuliers sur les valeurs du CAC 40 à l’ère des réseaux sociaux » (15 juillet 2026)
Réseaux sociaux : comment ils influencent les particuliers
Les réseaux sociaux influencent-ils vraiment les décisions des investisseurs ? L’AMF a voulu mesurer l’effet de ces plateformes sur les achats et les ventes d’actions du CAC 40. Elle a publié son étude le 15 juillet 2026. Les résultats sont nuancés, et parfois surprenants.
Comment l’AMF a mené l’étude
L’étude porte sur les investisseurs particuliers qui détiennent directement des titres du CAC 40. Elle couvre la période de janvier à novembre 2024.
Les chercheurs ont croisé deux types de données :
- les transactions déclarées à l’AMF par les prestataires de services d’investissement européens ;
- l’activité sur le réseau X (ex-Twitter) : nombre quotidien de messages et sentiment exprimé (positif, négatif ou neutre).
Les profils sont aussi comparés. D’un côté, les moins de 35 ans et les 35 ans et plus. De l’autre, trois types d’intermédiaires : banques traditionnelles, banques 100 % en ligne et néo-brokers.
Un constat : les Français achètent quand ça baisse
Premier enseignement : les investisseurs français ont un comportement dit « contrariant ». Ils achètent davantage quand les cours baissent. Ils vendent quand les cours montent. L’AMF y voit possiblement une volonté de sécuriser des gains. Ils sont aussi plus actifs quand la volatilité augmente.
Ce qui compte, c’est le volume des messages, pas leur ton
Deuxième surprise : les investisseurs réagissent au nombre de messages publiés sur les réseaux, pas à leur contenu. Que les messages soient positifs ou négatifs ne change rien visiblement à l’activité. Autrement dit, le buzz compte plus que l’opinion exprimée.
Jeunes et néo-brokers : les plus sensibles
C’est le point le plus marquant. Les clients jeunes et ceux des néo-brokers sous-réagissent aux informations fondamentales, comme les cours ou les communications des entreprises. En revanche, ils surréagissent aux messages des réseaux sociaux. Quand l’activité en ligne augmente chez tous les investisseurs, leur hausse est environ deux fois plus forte.
À l’inverse :
- les clients des banques en ligne sont ceux qui ajustent le mieux leur comportement aux informations fondamentales ;
- ceux des banques traditionnelles sont les moins sensibles aux réseaux sociaux, probablement parce qu’ils sont plus expérimentés.
Des sources d’information encore très variées
L’étude rappelle plusieurs repères. Selon le Baromètre de l’épargne et de l’investissement de l’AMF (décembre 2025), 12 % des investisseurs français consultent les comptes et publications des établissements financiers sur les réseaux sociaux avant d’investir. Chez les 18-24 ans, ils sont 41 % à s’informer par ce canal, d’après une étude de l’OCDE réalisée pour l’AMF en novembre 2023. Les conseillers bancaires restent, eux, la première source d’information des investisseurs.
Ce que cela signifie pour les investisseurs individuels
Pour Place des Investisseurs, ces résultats confirment un enjeu clé : l’éducation financière. L’AMF le dit elle-même. Il faut accompagner les investisseurs, surtout les plus jeunes, pour qu’ils s’informent de façon rigoureuse, à partir de sources fiables et diversifiées. Elle a d’ailleurs lancé en 2023, avec l’ARPP, un certificat de l’influence responsable dans la finance.
Un bon réflexe : avant d’agir sur un titre dont tout le monde parle, vérifiez l’information à la source. Résultats de l’entreprise, communiqués officiels, documents réglementaires. Le bruit n’est pas un signal.
Pour aller plus loin :
👉 Consultez l’étude complète de l’AMF
👉 Relisez notre décryptage : Réseaux sociaux et Bourse, ce que révèle vraiment l’étude de l’AMF