OPA « balais » : peut mieux faire !
Serait-ce une nouvelle tendance pour les OPA « balais » lancées par des actionnaires très contrôlants voulant devenir seuls maîtres à bord ?
Plantons le décor : le premier épisode se situe dans la galaxie de holdings de Vincent Bolloré, en cours de simplification. En septembre, des OPA sur trois entités détenues à plus de 95 % par le groupe Bolloré, Compagnie du Cambodge, Financière Moncey et Société industrielle et financière de l’Artois, étaient annoncées. Veillant au grain, l’Autorité des marchés financiers (AMF) a récusé l’expert indépendant. Puis en décembre, les trois offres ont été relevées d’environ 15 %.
Au tour d’IDSud, holding dont l’actif clé est une participation dans FDJ. Depuis plus d’un an, la famille Luciani veut finir de racheter des minoritaires qui détiennent moins de 4 % du capital avec une offre initiale à 192,55€ par action, un dossier dont l’AMF s’est saisie. Le 18 mars, cette offre a été relevée par les initiateurs de 14,2 % à 220€.
Passons au groupe fromager Bel : Unibel et son flottant limité de 1,5 % est la seule entité encore cotée. Avant Noël, les familles réconciliées annoncent une OPA à 980€ par action qui, le 25 mars, a été relevée de 20,4 % à 1 180€.
L’actionnaire minoritaire est-il le grand gagnant ? Ces relèvements nous semblent surtout signaler le caractère trop souvent chiche de ces « OPA résiduelles », bien différentes des OPA hostiles, ne serait-ce que parce qu’elles mobilisent bien peu de capital. Au passage, l’expert indépendant pose question : qu’il soit rémunéré par la société (aux mains d’actionnaires majoritaires) pour évaluer l’offre suscite des soupçons de conflit d’intérêts au détriment des petits porteurs.
Cela étant, la présence de l’AMF sur ces questions doit être saluée. Concentré sur la forme, le gendarme financier « ne se prononce ni sur le prix, ni sur l’opportunité » des OPA. Mais désormais, il prend aussi en compte des critères de valorisation, notamment l’actif net comptable, en dessous duquel une offre a peu de chances d’être déclarée conforme.
Il y a urgence : en 2024, 36 OPA ont ainsi été validées par l’AMF à Paris, contre 23 en 2023. Faute d’introductions en Bourse en nombre suffisant, on ne peut empêcher la cote de s’appauvrir. Mais autant s’assurer que les valeurs qui s’en vont le fassent dans les meilleures conditions possibles pour les petits porteurs.
Emmanuel Gentilhomme
Achevé et rédigé le 26/03/2025
| Cette semaine, renforcez Vetoquinol dont la stratégie s’avère payante, et surveillez Crit, qui propose un dividende hors norme, pour concrétiser une partie de vos profits | PAGE 2 |
| CONSERVEZ Aubay qui a fait bien mieux que ses grands rivaux en 2024, ainsi que Rubis pour son coupon | PAGE 3 |
| GARDEZ SEB qui se rapproche de ses standards historiques, et Tikehau Capital qui poursuit une robuste collecte. Pour notre pari spéculatif, vendez Beneteau qui vient de reporter à plus tard la reprise attendue | PAGE 4 |
| Les conseils d’analyse graphique | PAGE 5 |
| Les 31 valeurs suivies par La lettre dont le rendement dépasse les 4 % | PAGE 6 |
| L’étude du fonds Fair Value Deutschland d’Acatis | PAGE 7 |
| Du côté des étrangères,renforcez Siemens Healthineers pour ses fondamentaux, et conservez Corticeira Amorim qui fait preuve d’une gestion de qualité malgré un environnement adverse | PAGE 8 |
| Nos confidentiels et l’avis du broker | PAGE 9 |
| Enfin, la Rédaction répond à vos questions | PAGE 10 |
Pour en savoir plus sur les abonnements de La lette des placements cliquez ici.

Pour plus d’articles cliquez ici.