Faut-il avoir peur du retour de la volatilité ?
La revoilà : « La volatilité revient sur les marchés », commente Xavier Chapard, stratégiste de LBP AM quand Edmond de Rothschild évoque « une fébrilité palpable ».
Certes, le shutdown le plus long de l’histoire des États-Unis est terminé. Puis d’autres inquiétudes ont pris le relais, comme une intensification des doutes non pas sur l’IA en tant que telle, mais sur la soutenabilité des investissements toujours plus massifs qui s’y dirigent, leur rentabilité, et la valorisation tendue des actions concernées.
Or l’IA est un catalyseur crucial pour Wall Street, de même que la détente monétaire de la Réserve fédérale. Néanmoins, la banque centrale américaine « a douché les attentes de ceux qui considéraient une nouvelle baisse de 25 points de base en décembre comme acquise », commente Daniela Sabin Hathorn, analyste de Capital.com. En effet, bien des statistiques manquent à l’appel à cause du shutdown, l’inflation dépasse toujours 2 %, et le consensus s’est donc ajusté.
Autant de chocs qui ont pesé sur Wall Street : « le S&P 500 a cassé sa moyenne mobile à 50 jours pour la première fois en 139 séances – un événement rare et symbolique d’un momentum qui s’essouffle », commente John Plassard, stratégiste pour Cité Gestion.
Cependant, il faut savoir raison garder : sur les deux rives de l’Atlantique Nord, les « indices de la peur » VIX et VSTOXX sont remontés vers 25 points. Mais ce niveau est inférieur de moitié aux pics atteints en avril après le « Liberation Day » de Donald Trump. Bien sûr, les Bourses d’Europe ont elles aussi souffert, puisque l’Euro Stoxx 50 comme le CAC 40 ont cédé environ 4 % en huit jours. Notons que ces deux indices venaient juste d’atteindre des records (le 13 novembre) et qu’ils sont relativement peu exposés à l’IA.
Bref, le mouvement de recul des Bourses ressemble à ce stade davantage à une respiration qu’à un retournement de tendance. Et attention à ne pas négliger les bonnes surprises venant d’Europe : voilà un mois, le consensus compilé par LSEG IBES prévoyait qu’au T3, les profits des valeurs de l’indice paneuropéen Stoxx 600 resteraient stables (+ 0,2 %) mais au fil des publications, l’estimation est maintenant de + 7,1%. L’érosion des anticipations bénéficiaires qui sévissait en Europe depuis le printemps semble toucher à sa fin, ce qui constituerait une excellente nouvelle pour la Bourse.
Emmanuel Gentilhomme
Achevé et rédigé le 19/11/2025
Essentiel de La lettre de la semaine :
| Cette semaine, renforcez Air Liquide dont les fondamentaux ne justifient pas la baisse du cours, et prenez des gains partiels sur Bouygues qui a atteint notre objectif | PAGE 2 |
| CONSERVEZ Accor qui a rassuré avec un T3 meilleur qu’espéré, ainsi qu’Eiffage toujours dans une très bonne dynamique avec des carnets de commandes au sommet | PAGE 3 |
| Le point sur les anticipations bénéficiaires par secteur en Europe | PAGE 4 et 5 |
| Les conseils d’analyse graphique | PAGE 6 |
|
L’étude du fonds Perspectives proposé par la gestion française Prévoir AM |
PAGE 7 |
| Du côté des étrangères, vendez Corticeira Amorim pour qui la reprise n’est pas au rendez-vous et dont les perspectives ne s’améliorent pas, et conservez Richemont après un CA S1 porté par l’Asie et la Joaillerie | PAGE 8 |
| Nos confidentiels et l’avis du broker | PAGE 9 |
| Enfin, la Rédaction répond à vos questions | PAGE 10 |
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