Un Optimisme paradoxal pour les Bourses d’Europe
Identifier les nuages noirs menaçant l’Europe est malheureusement toujours aussi simple. La crise énergétique reste vive : depuis le début de l’année, le baril de pétrole Brent a décollé de 65 %, nombre de prix gaziers européens ont doublé et l’électricité s’est également renchérie. L’inflation ? UBS s’attend à ce qu’elle grimpe à 3,5 % dans la zone euro en septembre « avant de culminer au début de 2027 vers 3,6% », pronostique la banque suisse. Soit très au-dessus des 2 % visés par la BCE. Que dire du contexte politique : en Allemagne, la coalition du chancelier Friedrich Merz, porteuse d’un plan de relance, est fragilisée par des déconvenues lors de scrutins régionaux alors qu’en France, l’élection présidentielle de 2027 constitue un sujet d’inquiétude majeur. Et comme partout ailleurs, les taux d’intérêt se tendent.
Pourtant, les actions européennes n’en souffrent guère : l’indice large Stoxx Europe 600, qui a marqué un record le mois dernier, a progressé de 8 % cette année, à 640 points. Et après ? La banque sino-britannique HSBC vient de nouveau de dégrader son conseil global sur les actions hexagonales qui, neutre depuis juillet, est maintenant de les sous-pondérer. « La France est l’unique grand pays de la zone euro pour lequel nos économistes ont abaissé leurs prévisions de croissance pour 2026 », commente HSBC, qui ne vise plus que 8 530 points pour le CAC 40 en fin d’année, en préférant les actions d’Allemagne, des Pays-Bas, d’Italie et d’Espagne.
Mais pour les Bourses d’Europe dans leur ensemble, HSBC se montre plus optimiste en portant de 670 à 680 points sa cible pour le Stoxx 600 en fin d’année. Il ne s’agit pas d’une opinion isolée : les 16 stratégistes interrogés par l’agence Bloomberg « viennent de formuler les prévisions les plus optimistes pour les actions européennes depuis 2018 » en visant 670 points à cette échéance.
Et ce n’est pas fini : HSBC a dévoilé pour la première fois un objectif pour 2027 fixé à 760 points, soit exactement le même que celui d’UBS. Malgré l’inflation énergétique, les profits des entreprises grimpent : après + 14 % au S1, ceux des valeurs du Stoxx 600 prendraient 19 % au S2, calcule Oddo BHF, Cité Gestion signalant que « les révisions de bénéfices sont positives depuis 20 semaines » dans la région. Alors que les éléments anxiogènes sont nombreux, ces arguments paraissent rassurants pour les actions européennes.
Emmanuel Gentilhomme
Achevé de rédigé le 23/09/2026
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