Jana Haines, Global Head of Index chez MSCI – 14/09/2026
ETF actifs : la nouvelle norme des conseillers en 2026
Longtemps réservés à une niche, les ETF actifs s’imposent désormais dans le quotidien des conseillers financiers. C’est ce que confirme la MSCI ETF Intelligence Survey 2026, publiée le 14 septembre. Une enquête menée auprès de 450 conseillers, aux États-Unis comme en Europe.
Les ETF actifs, déjà largement adoptés
D’abord, le chiffre qui frappe le plus : 87 % des conseillers interrogés investissent déjà dans des ETF actifs. Mieux encore, 71 % d’entre eux prévoient d’en augmenter l’usage dans les deux prochaines années.
Mais attention, cela ne se fait pas au détriment des ETF passifs. Bien au contraire : 62 % des conseillers comptent aussi renforcer leur allocation sur ce segment. Les deux approches progressent donc en parallèle, plutôt que de se concurrencer frontalement.
Le vrai enjeu : remplacer, plus que rajouter
Ensuite, un enseignement plus stratégique. Pour les sociétés de gestion, cette croissance des ETF actifs cache un phénomène de substitution. 58 % des conseillers estiment qu’un nouvel ETF actif, proposé par un gérant qu’ils utilisent déjà, remplacerait probablement un fonds commun ou une part UCITS existante, plutôt que de constituer un investissement entièrement nouveau.
Autre signal marquant : la moitié des répondants seraient prêts à basculer vers la version ETF active d’une stratégie qu’ils détiennent déjà. Et parmi les conseillers impliqués dans la sélection de fonds, 85 % se disent ouverts à une part ETF, dès lors qu’elle réplique une stratégie qu’ils connaissent bien.
Les conseillers européens regardent au-delà de leurs frontières
Du côté de l’Europe, l’étude révèle une autre tendance de fond. 83 % des conseillers européens interrogés investissent déjà en ETF actifs. Mais surtout, ils ne détiennent en moyenne que 32 % de leur exposition actions sur leur propre marché domestique, jugé trop peu porteur.
Cette diversification internationale devrait encore s’accélérer : 44 % des conseillers européens prévoient d’augmenter leurs allocations hors de leur marché domestique dans les deux prochaines années, avec une préférence marquée pour les marchés émergents (39 %) plutôt que développés (24 %).
Les critères de choix varient selon les pays
Autre enseignement intéressant : les critères de sélection des ETF diffèrent fortement d’un pays européen à l’autre. Les frais restent le critère numéro un pour 79 % des conseillers britanniques et 75 % des Italiens, contre seulement 53 % en France et en Allemagne.
À l’inverse, la liquidité et l’efficience de négociation priment davantage en Allemagne (72 %) et en France (69 %), contre 55 % en Italie. Comme le résume Sébastien Lieblich, responsable EMEA Index Product chez MSCI, l’Europe est loin de constituer un marché unique en matière d’évaluation des ETF.
Un frein persistant : les actifs peu liquides
Enfin, tout n’est pas encore acquis pour les ETF actifs. Sur les actifs privés ou peu liquides, la prudence domine toujours : seuls 16 % des conseillers jugent les marchés privés adaptés à une structure ETF, même si 49 % se disent ouverts à une exposition partielle à des actifs moins liquides. Le principal frein cité : l’inadéquation entre la liquidité de l’ETF et celle de ses actifs sous-jacents, pointée par 62 % des répondants.
Ce que cela signifie pour les investisseurs individuels
Pour Place des Investisseurs, cette enquête confirme une tendance à surveiller de près. Les ETF actifs, longtemps perçus comme un produit de niche, s’imposent progressivement comme une alternative crédible aux fonds traditionnels, y compris chez les professionnels. De quoi rappeler, une fois de plus, l’importance de bien comprendre la structure d’un produit avant d’y investir, qu’il soit actif ou passif.
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