Les petites valeurs reprennent des couleurs. Sur le premier semestre 2026, l’indice Euronext Growth affiche une performance de +6,1 %. Il fait ainsi mieux que le CAC 40 (+3,1 %) et surtout que le CAC Mid & Small, resté dans le rouge (-0,3 %). C’est ce que révèle la note publiée début juillet par EuroLand Corporate.
Un joli rebond, donc. Mais un rebond à nuancer.
Une performance tirée par quelques dossiers, pas par tout le marché
Le climat macroéconomique reste tendu. Tensions entre les États-Unis et l’Iran, craintes inflationnistes, pouvoir d’achat toujours sous pression. Dans ce contexte, la hausse d’Euronext Growth ne reflète pas un mouvement homogène.
En réalité, quelques fortes progressions tirent l’indice vers le haut. La thématique technologique, portée par l’IA et les semi-conducteurs, joue un rôle central. Trois noms se distinguent particulièrement :
- Kalray : +623 % sur six mois ;
- Riber : +213 % ;
- 2CRSI : +161 %.
Résultat : sur 245 valeurs cotées, seules 89 terminent le semestre en hausse, soit 36,7 % du compartiment. Et sur les douze secteurs qui composent l’indice, trois seulement affichent une performance positive : la technologie (+22,6 %), la consommation non cyclique (+4,9 %) et l’industrie (+4,9 %).
Des valorisations qui restent attractives
Bonne nouvelle pour les investisseurs : malgré ce rebond, les niveaux de valorisation restent raisonnables. Au 30 juin 2026, Euronext Growth se traite à 0,78x son chiffre d’affaires prévisionnel, contre une moyenne historique de 0,8x sur cinq ans. La décote n’est donc plus que de -2,5 %, contre plus de -10 % fin 2025.
Sur le multiple EV/EBIT, la décote reste plus marquée : 12,0x contre 13,9x en moyenne sur cinq ans, soit -13,6 %. Un écart qui s’est toutefois nettement résorbé par rapport aux -25,5 % observés fin 2025.
Le marché primaire retrouve des couleurs
Après une année 2025 particulièrement calme, le marché des introductions en Bourse montre des signes de reprise. Deux opérations ont marqué le semestre :
- Rising Stone, constructeur d’immobilier de luxe dans les Alpes, introduit avec une capitalisation d’environ 150 M€ ;
- IEVA Group, spécialiste de la beauté et du bien-être, coté à environ 126 M€.
Ensemble, ces deux IPO ont permis de lever 37,3 M€. À cela s’ajoutent 166 M€ levés à travers 21 opérations avec maintien du droit préférentiel de souscription, ainsi que 120,1 M€ via des placements privés, dont une levée de 50 M€ pour Median Technologies.
Des sorties de cote toujours nombreuses
Le marché reste sélectif. Huit retraits de cote ont été enregistrés sur le semestre, dont quatre liquidations judiciaires (McPhy Energy, Carmat, Global Bioenergies, Cerinnov Group). Deux retraits obligatoires ont également eu lieu, à la suite d’OPA sur Cogelec et Prodware.
À l’inverse, huit sociétés ont rejoint Euronext Growth par transfert depuis un autre marché, parmi lesquelles Claranova, Forsee Power ou encore Plastivaloire. Un signal qui confirme l’attractivité du compartiment, notamment pour sa réglementation plus souple.
Ce qu’il faut retenir pour les investisseurs individuels
Ce bilan illustre une réalité importante à garder en tête. La performance affichée par un indice peut masquer de fortes disparités entre les valeurs qui le composent. Ici, une poignée de dossiers technologiques explique l’essentiel de la hausse, quand la majorité des titres reste en retrait, voire en forte baisse.
Pour Place des Investisseurs, ce constat rappelle l’importance d’une bonne diversification, en particulier sur les petites et moyennes valeurs. Investir sur les small caps offre un potentiel de performance réel, mais s’accompagne aussi d’une volatilité et d’un risque plus élevés qu’ailleurs. D’où l’intérêt de bien se former avant de s’y aventurer.
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