VINCI, De la route au rail : le transport de marchandises européen en cours de décarbonation

De la route au rail : le transport de marchandises européen en cours de décarbonation

Le transport de marchandises est inhérent à tout commerce, et une relation directe existe ainsi entre la prospérité économique d’un territoire et la qualité de ses réseaux logistiques. Face au défi climatique, il est urgent de planifier la décarbonation des transports, responsables de près du quart des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES). Illustration avec la stratégie européenne visant à unifier les réseaux logistiques du continent en augmentant la part du fret ferroviaire. 

Transport de marchandises : la complexe équation de la décarbonation

Un secteur, source majeure de CO2 

Le secteur des transports générait environ 24 % des émissions de CO2 mondiales en 2019 (année de référence, avant les disruptions causées par la pandémie de Covid-19, pour pouvoir cerner les tendances de long terme). Si les flux de personnes restent la source majoritaire, les marchandises représentent tout de même 45 % de ces émissions et, selon les sources, années et périmètres envisagés, de 7 à 16 % du bilan carbone global. 

Source Carbone 4

Il ne s’agit donc pas de faire évoluer seulement les véhicules, mais bien les chaînes logistiques dans leur ensemble : les optimiser non plus uniquement en fonction des coûts, mais également de leur empreinte carbone. Car tous les modes de transport ne se valent pas. 

L’intensité carbone au cœur de l’équation 

Le facteur-clé réside dans l’intensité carbone, c’est-à-dire : la quantité de CO2 émise par tonne de marchandise transportée et par kilomètre parcouru. Or l’équation est plus complexe qu’il n’y paraît de prime abord. 

Source ADEME

Avec leurs énormes moteurs au fioul ou au diesel, les navires de commerce sont dans l’absolu les véhicules les plus émetteurs de gaz à effet de serre. Cependant, grâce à leur gigantesque capacité d’emport, ils constituent quand même l’un des modes les moins « carbone intensif » pour les échanges à très grande distance. De même, si le transport routier est de loin le mode le plus intensif, il reste irremplaçable dans de nombreuses situations – par exemple pour la logistique des premiers et derniers kilomètres : impossible de construire toutes les usines autour d’un port ; ou d’assurer la livraison des colis en train jusqu’à chacun de leurs destinataires… 

La solution du report modal 

Dans ce contexte, la stratégie consiste à développer la multimodalité. C’est-à-dire :  

  1. considérer, à chaque maillon de la chaine logistique, quel est le mode le plus efficace ;
  2. connecter et organiser les réseaux de transports en conséquence ;
  3. s’assurer que les marchandises puissent passer d’un mode à l’autre de façon fluide et efficace. 

 

En Europe, l’optimisation de ce schéma passe en grande partie par le report modal. Ce dernier consiste à remplacer autant que possible le trafic routier à longue distance (notamment les trajets internationaux) par du fret fluvial et ferroviaire …

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