Deux Françaises sur trois n’ont jamais investi en Bourse. C’est le constat sans appel de l’étude exclusive publiée le 8 juillet dernier par Lise (Lightning Stock Exchange). Un chiffre qui confirme, une fois de plus, l’ampleur du fossé qui sépare encore les femmes des marchés financiers.
Réalisée par l’institut Discurv auprès de 1 000 personnes représentatives de la population française, cette enquête dresse un état des lieux précis. Et les résultats interpellent.
Un écart d’accès à la Bourse toujours marqué
Premier constat : 75 % des femmes déclarent n’avoir jamais investi en Bourse, contre 57 % des hommes. À l’inverse, seules 23 % des Françaises disent avoir déjà franchi le pas, contre 41 % des Français.
L’écart se retrouve à tous les âges, mais il se resserre chez les plus jeunes. Chez les 18-34 ans, 33 % des femmes déclarent avoir déjà investi. Elles ne sont plus que 15 % chez les 50-64 ans, la tranche d’âge la moins engagée, toutes générations confondues.
Un manque de confiance et de repères
Au-delà de l’accès, c’est surtout le sentiment de légitimité qui fait défaut. Près de deux tiers des femmes se jugent incapables d’investir en Bourse, contre environ la moitié des hommes. Seule une femme sur dix environ se dit pleinement prête à franchir le pas.
Ce déficit de confiance se double d’un déficit de connaissances :
- seulement 6 % des femmes disent comprendre suffisamment les ETF pour y investir, contre 15 % des hommes ;
- 24 % des femmes déclarent ne maîtriser aucune notion financière, contre 16 % des hommes.
Autrement dit, l’écart ne se limite pas à une question de prudence face au risque. Il révèle, en creux, un besoin criant de pédagogie financière.
Un fossé qui dépasse la seule Bourse
Ce retard à l’investissement ne sort pas de nulle part. Il s’inscrit dans un écart de patrimoine plus large entre femmes et hommes. Selon l’Insee, le patrimoine brut moyen d’un homme s’élevait à 228 000 euros en 2024, contre 192 000 euros pour une femme. Un écart de 16 % qui ne doit rien au hasard : il résulte d’une accumulation de décisions financières, prises ou non, tout au long d’une vie.
Moins de patrimoine, c’est aussi moins de capital disponible pour investir en Bourse. Le fossé observé par Lise n’est donc pas isolé : il s’inscrit dans une dynamique plus large, que Place des Investisseurs cherche à documenter et à combattre à travers l’ensemble de ses actions pédagogiques.
Le tissu économique français, encore mal connu
L’étude s’est aussi penchée sur la connaissance des entreprises cotées. Résultat : les grandes capitalisations européennes, comme LVMH, TotalEnergies ou Airbus, restent les seules références spontanées pour une large partie des personnes interrogées, femmes comme hommes.
Un signal supplémentaire : le déficit ne concerne pas seulement les mécanismes boursiers. Il touche aussi la culture économique dans son ensemble, et donc la capacité à se projeter dans l’investissement en actions.
Un constat qui rejoint la mission de Place des Investisseurs
Ces résultats font écho à un enjeu que Place des Investisseurs porte depuis longtemps. Rendre l’investissement accessible ne suffit pas à réduire les inégalités observées. Encore faut-il donner à chacune les clés pour comprendre les marchés et s’y sentir légitime.
Cette étude Lise vient ainsi confirmer un constat déjà largement documenté, notamment par l’AMF dans son plan d’éducation financière 2026-2028 : le fossé entre femmes et hommes face à la Bourse reste d’abord un enjeu de pédagogie, avant d’être un enjeu de risque.
Pour aller plus loin :
👉 Consultez le communiqué de presse de l’étude Lise
👉 L’investissement au féminin : un plan d’action pour changer la donne ?
👉 Liberté financière : pourquoi les femmes doivent reprendre le pouvoir sur leur argent
👉 Former les femmes pour investir autrement : retour sur nos Master Class
👉 Consultez l’étude Insee sur le patrimoine des ménages en 2024