Les conseils d’administration français n’ont jamais été aussi féminisés. Mais qu’en est-il des postes de pouvoir, tout en haut de la hiérarchie ? C’est la question posée par la 4ᵉ édition du Baromètre IFA – Ethics & Boards de la mixité des instances dirigeantes, publiée le 19 février 2026.
L’étude passe au crible les conseils d’administration, comités exécutifs (Comex) et comités de direction (Codir) des entreprises du CAC 40 et du SBF 120.
Un enjeu qui se déplace
Après plus de quinze ans de régulation, la mixité dans les conseils d’administration n’est plus vraiment le sujet. Le vrai déplacement se situe ailleurs. Désormais, la question porte sur l’accès aux plus hauts postes : présidences de conseil et directions générales.
Autrement dit, le plafond de verre n’a pas disparu. Il s’est simplement déplacé plus haut.
L’effet du cadre réglementaire
Cette édition 2026 arrive à un moment charnière. Le 1ᵉʳ mars 2026, le premier seuil de la loi Rixain est entré en vigueur. Il impose désormais au moins 30 % de femmes dans les comités exécutifs et de direction des grandes entreprises.
Le baromètre mesure justement l’effet combiné de trois textes : la loi Copé-Zimmermann, la loi Rixain, et la directive européenne Women on Boards.
Des chiffres qui confirment une progression réelle
Les résultats sont sans appel du côté des conseils d’administration. Les femmes y représentent désormais :
- 46 % des administrateurs au sein du SBF 120 ;
- 46,4 % au sein du CAC 40.
Un niveau de féminisation historiquement élevé, qui confirme la position de référence de la France en Europe sur ce sujet.
Du côté des instances dirigeantes, la progression est plus lente, mais réelle. En 2026, la part moyenne de femmes dans les comités exécutifs et de direction atteint 31 %. Sur le seul périmètre du SBF 120, cette part est passée de 22 % en 2021 à 30 % en 2025, un bond porté par l’entrée en vigueur progressive de la loi Rixain.
Le plafond de verre, toujours bien réel
Mais tout n’est pas réglé pour autant. Seules 13,3 % des présidences de conseil sont aujourd’hui occupées par des femmes. Et sur les 240 postes de présidence ou de direction générale du SBF 120, seules 23 sont tenues par des femmes.
Pour Denis Terrien, Président de l’Institut Français des Administrateurs, ce retard tient notamment à un frein en amont : moins d’une femme sur cinq occupe aujourd’hui un poste « tremplin », comme la direction financière, permettant d’accéder au sommet.
Pourquoi ce sujet compte pour les investisseurs individuels
Pour Place des Investisseurs, ce baromètre rejoint un enjeu plus large : celui de la qualité de la gouvernance des entreprises cotées. Une gouvernance équilibrée, où la mixité progresse à tous les niveaux, est un facteur de robustesse et de performance durable. C’est aussi ce que mesurent d’autres études suivies par l’association, comme les Transparency Awards sur la clarté de l’information financière.
Suivre ces indicateurs permet à chaque actionnaire individuel de mieux évaluer la qualité de gouvernance des sociétés dans lesquelles il investit, bien au-delà des seuls résultats financiers.
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