Dans les pays nordiques, l’éducation financière fait partie du programme scolaire depuis longtemps.
C’est officiel. Désormais, parler d’argent à l’école ne sera plus un tabou. Le gouvernement et la Banque de France ont décidé de généraliser le Passeport EDUCFI à toutes les classes de quatrième dès la rentrée 2026.
Au programme : budget, épargne, crédit, paiements, et surtout prévention des arnaques financières. En d’autres termes : les bases que personne ne nous a jamais vraiment enseignées.
Pas parfait — mais historique
Soyons honnêtes : deux heures, c’est peu. Très peu. Mais c’est infiniment mieux que zéro, ce que la France offrait jusqu’ici à ses élèves sur ces sujets.
Certains enseignants s’interrogent sur leur légitimité à traiter ces thèmes sans formation dédiée. Des parents voient d’un mauvais œil l’école parler d’argent. Pourtant, ces résistances illustrent précisément le problème : la France a un retard culturel massif sur l’éducation financière.
« L’éducation financière n’est pas seulement un sujet économique, c’est avant tout un enjeu d’autonomie, de liberté et de citoyenneté. »
Et les pays nordiques, eux, font quoi ?
Prenons l’exemple du Danemark : l’éducation financière y est obligatoire pour les 13-15 ans. Budget, épargne, crédit , tout est abordé sans tabou dès le collège. Résultat ? Le taux d’investisseurs particuliers y est bien supérieur à celui de la France.
En comparaison, les Français épargnent beaucoup (18% de leur revenu), mais investissent peu. L’argent dort sur des livrets plutôt que d’investir dans l’économie réelle et c’est un problème structurel.
Le déficit de culture financière a un coût réel : il freine l’émergence de licornes françaises et européennes, et rend les débats sur la retraite par capitalisation ou la réduction des dépenses publiques quasi impossibles à mener sereinement.
Ce que les élèves vont apprendre
Et maintenant, on fait quoi ?
Ce module de 2h doit être un point de départ, pas une fin en soi. C’est pourquoi l’initiative doit s’inscrire dans un mouvement plus large, associant pouvoirs publics, banques, fintechs, associations comme Place des Investisseurs et même les « finfluenceurs » qui font déjà un travail remarquable sur les réseaux.
En définitive, apprendre à gérer son argent, c’est apprendre à être libre. Et ça, ça commence à l’école.