Par Wilfrid Galand, Directeur Stratégiste
Trump veut pousser au maximum la croissance US et limiter ses échanges avec l’extérieur. La Fed ne pourra rester sans réagir. Et les marchés arbitreront entre ces deux forces.
Ce lundi 20 janvier 2025, Donald Trump devient le 47ème président des Etats-Unis d’Amérique. Même si sa majorité à la chambre des Représentants est très étroite – 2 voix, compte tenu des absents pour raisons diverses – il dispose de tous les leviers, y compris à la Cour Suprême et dans le système judiciaire où de nombreux juges lui doivent leur nomination, pour mettre en œuvre son programme économique.
Les « Maganomics » développés au cours de sa campagne, visent à accélérer au maximum le rythme de la croissance économique en baissant les impôts et en desserrant les contraintes réglementaires fédérales, tout en refermant le pays via des taxes à l’importation et la limitation des flux migratoires.
Du point de vue de la Fed, la mise en œuvre pleine et entière de ces mesures signifierait un risque de coup d’arrêt au processus, déjà lent, de désinflation, et donc à ses baisses de taux. Avant même l’inauguration, les marchés ne misaient déjà plus que sur une seule baisse cette année.
Les investisseurs obligataires l’ont bien compris. Portés tout à la fois par des anticipations de fort dynamisme économique et de possible renforcement des pressions