Par DNCA
Il y a peu de musées gratuits au Japon mais celui de la Monnaie, en face de la forteresse de la Banque du Japon, déroge à la règle. Le visiteur y découvre la mission initiale de l’institution monétaire suprême, fondée en 1882 : restaurer la confiance dans la devise.
A l’époque, les obligations des banques commerciales et du gouvernement sont émises en quantités astronomiques pour financer la guerre civile qui oppose l’empereur Meiji aux conservateurs traditionnalistes du Shogunat Tokugawa. L’inflation galope. Les bons et billets des banques ne trouvent plus de valeur aux yeux du peuple créditeur qui a recours au troc pour commercer : ils perdent leur rôle de monnaie. Le lancement conjoint d’une politique d’austérité et la création de la banque centrale ramèneront bientôt le pays dans la stabilité financière, en même temps qu’il entrera dans le club des grandes puissances.
142 ans plus tard, le yen est la troisième devise mondiale. Mais la population nippone est angoissée par l’effondrement spectaculaire de sa devise et le grondement du Godzilla de l’inflation qu’elle n’avait plus entendu rugir depuis si longtemps. La BoJ s’engage dans un programme de hausse des taux et de quantitative tightening encore impensable il y a quelques trimestres. Les marchés attendent la prochaine décision de politique monétaire le 20 septembre, échaudés par la déflagration